• Aline Gorczak

Quelques questions à...

Sabine Bolzan


Crédit photo : @Rachel M



LBL : Bonjour Sabine. Peux-tu en quelques mots te présenter aux lecteurs ?

SB : Bonjour Aline. Ouf, en quelques mots cela va être dur car j'ai fait des tas de choses avant d'en venir à l'écriture de mes livres. On va dire que je suis une épicurienne sensible à la beauté (au sens propre comme au figuré). J'aime les mots (les lire comme les écrire) j'aime les gens et partager avec eux ma cuisine et ma maison, j'aime la nature et m'y ressource dès que je peux. Je suis à l'écoute de mon entourage et tente de leur apporter toute l'attention qu'il demande. Tous les jours, j'essaie d'être une bonne personne mais ce n'est pas toujours facile car je peux aussi très vite m'emporter quand je trouve une situation injuste.


LBL : Pourquoi avoir fait le choix de l'écriture ? Quand est pourquoi ce choix s’est imposé ?

SB : C'est marrant, j'étais déjà en train d'écrire la réponse avant que tu ne me poses la question. 🙂 . L'écriture permet d'exprimer ce qu'oralement je ne peux pas dire. Ou que je ne parviens pas à dire. Depuis que je sais tenir un stylo, j'écris. Tout comme depuis que je sais tenir une cuillère, je cuisine. J'ai écrit trois livres. Deux thrillers (les premiers tomes de la trilogie de l'Empreinte de la Chair aux Editions du Loir) et un livre jeunesse Titi et Maman, de A à Z.

Pourquoi le thriller? Parce que cela me permet d'exprimer le côté sombre en moi. Le premier tome de l'Empreinte est assez personnel J'y ai mis des choses dont je voulais parler. Le deuxième est un thriller pur et dur.

Le livre jeunesse parce que je suis avant tout une maman qui souhaite répondre aux questions de ses enfants.

Ce choix s'est imposé en 2015 alors que je venais de vivre plusieurs années intenses au niveau pro. Je ne sais pas comment les personnages de l'Empreinte sont venus à moi. Il était temps que je me pose pour écrire enfin et m'octroyer le droit de croire en moi


LBL : Quels sont tes rituels d’écriture ?

SB : Je n'ai pas vraiment de rituels d'écriture contrairement à d'autres. Je me pose avec mon ordi n'importe où mais l'envie d'écrire est déclenchée par une phrase qui d'un coup me vient à l'esprit et qu'il faut que je développe. Ensuite, je découpe mon roman et j'écris 15000 signes minimum par jour. Sans relire. Puis, le lendemain je relis avant que cette fameuse phrase arrive. Avec moi, j'ai toujours un chat, un feu de cheminée quand il fait froid et une bouteille d'eau gazeuse. J'éteins mon portable et j'écris pendant trois heures le matin. Ensuite, je déjeune puis je me repose. Je lis souvent des livres en rapport avec le thème du roman que je suis en train d'écrire. Alors, je me remets devant mon ordi et j'écris jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller chercher ma fille au collège.

Quand j'ai une panne d'écriture, je chausse mes baskets et je vais marcher dans la nature avec la musique dans les oreilles. J'ai une Play List pour "panne d'écriture". Cela fonctionne super bien. Je me mets à parler toute seule et je suis certaine que les gens rencontrés me prennent pour une folle



LBL : Parlons de L'empreinte de la chair et par ricochet des personnages récurrents. C'est "juste" un effet mode ou c'est plutôt la difficulté de "lâcher" un personnage avec le mot fin définitif ?

SB : Alors en ce qui me concerne pas du tout. Quand j'ai envoyé mon manuscrit, c'était un one shot. Hélène Babouot, qui a édité le premier tome, m'a conseillé d'en faire deux car le manuscrit était très riche. Puis au moment de la sortie, elle m'a dit qu'une trilogie ce serait mieux.

Mais en effet, lâcher un personnage est difficile surtout quand il est riche, puissant et nous ressemble.

LBL : Comme c’est le cas pour beaucoup d’auteurs, vis-tu au quotidien avec tes personnages (en dehors des phases d'écriture) ?

SB : Je vis tout le temps avec eux et du coup ma famille aussi. Ils sont présents dans ma vie de tous les jours et dans mes rêves aussi. C'est assez compliqué en ce moment car je suis sur trois livres en même temps. Donc c'est un peu le chahut

LBL : Pour éviter le chahut, tu les mets dans des cases comme une fiche personnage par exemple ?

SB : En fait, contrairement à ma vie de tous les jours (mais avec trois enfants, 4 poules, 5 chats et un chien, c'est nécessaire) dans laquelle je suis très organisée, l'écriture est plutôt spontanée. Au départ, je ne sais même pas à quoi ressemblent mes personnages tant du point de vue physique que psychologique. Je sais en revanche sur quels thèmes je veux écrire et je me laisse guider. Puis, après plusieurs chapitres, je ressens la nécessité de faire des fiches : apparences physiques, défauts, qualités, dates importantes, qui connait qui, qui a fait quoi etc... Mais bon, je n'en suis qu'à mon troisième livre et suis en train d'écrire le quatrième, et le cinquième voire aussi le sixième 🙂 . Je n'ai pas beaucoup de recul pour avoir une stratégie d'écriture. Je reste sur la spontanéité

LBL : Revenons à L’empreinte de la chair, quelle en a été l’idée de départ ?

SB : Excellente question. Je voulais parler de deux thèmes : les violences sexuelles faites sur mineures et l'anorexie. Le thriller est un moyen pour aborder ces thèmes de manières moins personnelles et de prendre aussi le recul nécessaire

LBL : Peux-tu développer ta réponse ? Pourquoi ces thèmes en particulier ?

SB : L'anorexie parce que je l'ai vécue, sur moi d'abord puis sur une de mes filles. Le double effet Kiss Cool de cette p.... de maladie. Et en écrivant, je trouvais les mots qui décrivaient ce que le malade ressent mais également son entourage. C'était une catharsis qui m'a replongée un peu dedans à la sortie du livre mais ensuite m'a purgée et guérie. Les violences sexuelles sur mineurs ? parce que l'anorexie peut être déclenchée aussi par des abus subis


LBL : l'écriture est donc par ricochet une thérapie, qui ne peut surement pas tout résoudre certes mais thérapie tout de même. En dehors de ce "bien fait" personnel, quel est pour toi le rôle d'un auteur ?

SB Le rôle d'un auteur est d'offrir de l'évasion à ses lecteurs, de répondre aussi parfois à leurs questionnements mais surtout, surtout de développer leur imaginaire et de les divertir bien sûr


LBL : Tu as eu vie professionnelle très riche : immobilier, finance, assurance, chambre d'hôte, etc... est-ce que c'est un plus dans l'écriture toutes ses expériences ?

SB : je pense oui. Si tu remarques, j'ai toujours été en contact avec les gens. Donc, je pense bien connaître l'âme humaine. Je sais décrypter les gestes et les attitudes. Je ne vais pas aller jusqu'à dire que les gens n'ont pas de secrets pour moi mais je sais lire entre les lignes...des visages 🙂

J'ai également été rédactrice en chef et journaliste et j'ai eu une entreprise de déco...Je suis rentrée dans l'intimité des gens


LBL : Parle nous de tes projets en cours, ton actualité ?

SB : L'actu c'est d'abord le tome 2 de l'Empreinte de la Chair, sorti en juillet 2020. Je suis contente des retours de lecture. Si le premier a fait palpiter le cœur des lecteurs celui-ci, davantage thriller comme je te l'ai dit plus haut, les tient en haleine.

Mes projets en cours donc : le tome 3 de l'Empreinte de la chair, un feel good (compte tenu de la situation anxiogène que nous vivons, j'ai eu besoin de m'évader en écrivant qqch de léger et de marrant) et évidemment la suite aussi de Titi et Maman, en cuisine cette fois, avec plein de recettes, de déco de tables et de coloriage.



En ce moment sur mon blog, je ne poste que des desserts. Peut-être est-ce à cause du confinement que j'ai besoin de quelques chose de réconfortant?

Evidemment... quand on aime les livres et les gâteaux 🙂 🙂


LBL : Hummm…. Je fais aussi beaucoup de sucré ! Lol . Je voudrais tenter le napolitain ! Sans réfléchir quel est ton dessert préféré ?

SB : plein de desserts sont mes préférés! Je dirais la tarte aux myrtilles en été, le gâteau aux pommes en automne, un cake à l'orange en hiver et un tiramisu aux fraises au printemps.

Ah oui le Napolitain !!!! il ne faut pas se planter au niveau de la génoise. Je viens de faire mon premier pain d'épices. C'est merveilleux. En plus, ça parfume la maison


LBL : Déjà fait le pain d’épices.

SB : waouh, super. Je vais essayer de faire une bûche à Noël. J'ai réussi mon premier Paris-Brest. J'étais trop fière.


LBL : La bûche j'ai fait une super recette n’y a pas longtemps, légère, facile délicieux. Je te mets la recette après. On va conclure l'itw avant de trop s'étaler en pâtisserie !

Un truc que tu rêves de faire (pas forcément en lien avec ton métier d'auteur) ?

SB : ouvrir un salon de thé mais en ce moment ce n’est pas l'idéal. Ou bien créer des chambres pour accueillir des auteurs en écriture, genre retraite pour écrivains, ou bien...mais j'ai plein de trucs que je rêve de faire 🙂


LBL : As-tu quelques chose à ajouter, qui te tiens à cœur, et dont nous n'avons pas parlé ici ?

SB : Je voudrais dire à tous ceux qui n'osent pas écrire mais qui en meurent d'envie ou en éprouvent le besoin, de se lancer, de relever ce défi. Avec du travail, de la détermination et une bonne dose de confiance en ses mots, tout est possible. Il y a toujours quelque part, une maison d'éditions qui vous attend et des lecteurs aussi.


LBL : Je te remercie pour le temps que tu nous as offert. Excellente journée et prends soin de toi et de tes proches. À bientôt.

SB : C'était génial et c'est surtout moi qui te remercie d'avoir passé cette heure et quart avec moi. Je suis très touchée. Très belle journée à toi aussi et en effet prend bien soin de toi également et de tes proches. Encore merci. Bises


Blog auteure : www.sabinebolzanauteure.fr

Blog : www.lesateliersdesam.fr

ME : www.leseditionsduloir.fr


LBL : Encore un petit mot pour remercier chaleureusement @Nelly Burglin Razik, chargée de communication aux Editions du Loir, pour avoir été notre intermédiaire pour cette interview.


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